La dyslexie

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Généralités sur la dyslexie

La dyslexie est une trouble de l’apprentissage spécifique qui est causée par une démarche de pensée différente. Elle se caractérise par des difficultés au chapitre de la reconnaissance de mots (exactitude et/ou fluidité), des difficultés orthographiques et de décodage. Ces difficultés sont le résultat d’un système de pensée qui n’est pas une pensée verbale mais qui se fait par images. La pensée verbale est plus lente mais adaptée à la correspondance grapho-phonétique de la lecture et l’écriture. La pensée par images est plus rapide, plus précise mais s’adapte mal à la symbolique des lettres, à l’écriture des mots et à la lecture.

La dyslexie n’est pas le résultat d’un manque de motivation, d’anomalies sensorielles, d’un mauvais enseignement ou de conditions limitantes. Cependant, elle peut exister de pair avec ces différents facteurs.

Signes apparents de dyslexie

La personne atteinte de dyslexie ne fait pas n’importe quelle sorte d’erreurs. Elle fait des erreurs très spécifiques. On ne retrouve pas l’ensemble de ces problématiques chez tous les dyslexiques, par contre, certaines d’entre elles peuvent aussi se retrouver chez des personnes qui ne sont pas dyslexiques. C’est pour cela que la dyslexie est difficile à déceler de façon certaine avant 8 à 9 ans.

Lecture :
– mauvaise lecture et/ou lecture lente et saccadée de mots isolés
– lecture orale très laborieuse et saccadée et ignore souvent la ponctuation
– devient visiblement fatigué après une courte période de lecture
– compréhension de la lecture difficile (habituellement, la compréhension est excellente lorsqu’on lui lit le texte)
– Change un mot pour un autre qui lui ressemble visuellement (e : épate pour étape, cage pour gage)

– à la lecture d’une histoire, sans changer le sens du texte, change le mot pour un autre qui veut dire la même chose mais qui ne lui ressemble pas du côté visuel
– fait une mauvaise lecture, change, ajoute ou ignore les mots de relation (le, la, un, une, dans, de des, son, ses…)
– omet ou change les suffixes (ex : change pour changement, lent pour lentement)
– inverse, renverse et transpose souvent les lettres.

Renverser veut dire tourner une lettre horizontalement selon son axe vertical (lire dédé pour bébé, dien pour bien)

Inverser veut dire retourner une lettre de haut en bas (u pour n, w pour m)

Transposer  veut dire changer de place 2 lettres adjacentes (ex: chein pour chien)

Ecriture :
– Orthographique mal les mots que l’on rencontre souvent, et ce, malgré une correction répétée
– orthographie mal les mots lorsqu’il copie du tableau ou d’un livre
– Efface souvent ou fait des rayures sur les mots
– difficulté au niveau de la calligraphie et de la préhension du crayon

Mathématiques :
Les personnes dyslexiques ont de grandes fores dans certains domaines de mathématiques. En effet, leur capacité de voir en 3 dimensions les aide à « voir » les mathématiques plus rapidement et facilement que la moyenne des gens. Malheureusement, l’orientation spatiale, la mémoire auditive (informations non-significatives) et les séquences peuvent rendre les mathématiques extrêmement difficiles. Au niveau des algorithmes, la source de leur problème est la séquence des opérations et l’orientation spatiale de celles-ci.
Voici les principales difficultés rencontrées:
– mémorisation des complémentaires
– mémorisation des tables de multiplication
– comprendre et appliquer les divisions (longues)
– comprendre les fractions

Mémoire, organisation et concepts de temps :
La mémorisation d’informations non-significatives est extrêmement difficile pour les personnes dyslexiques. Ceci cause des difficultés au niveau de plusieurs matières scolaires.
– les faits scientifiques (l’eau bout à 100°C, la vitesse de la lumière…)
– les tables de multiplication
-les faits historiques (dates, noms et endroits)
Les personnes dyslexiques réussissent bien en histoire lorsque l’enseignant explique bien le pourquoi et les conséquences des évènements.

Les personnes dyslexiques ont énormément de difficulté à organiser un espace physique. Elles ont tendance à empiler au lieu d’organiser. C’est presque comme, si elles oubliaient les choses en les rangeant dans un tiroir ou derrière une porte. Cette désorganisation envahit tous leurs espaces personnels : chambres, casiers, sacs à dos, bureaux, voitures, réfrigérateurs…
Par conséquent, elles ont souvent tendance à perdre leurs effets personnels (vêtements, montres, dîners, souliers, travaux…)
Elles ont également beaucoup de difficulté à apporter tout le matériel nécessaire pour une rencontre, un cours…
Une autre sphère qui est difficilement gérable pour les personnes dyslexiques est le temps. Il est très difficile pour eux de lire l’heure sur un cadran à aiguilles. Pour arriver à lire l’heure, il faut maîtriser plusieurs concepts d’orientation et de fractions.
Difficulté à :
– retenir les mois de l’année en ordre (séquence)
– estimer le temps pour faire une tâche donnée (travaux remis en retard)
– retenir l’heure du début des cours et leurs séquence
– utiliser un agenda (se trompe d’heure ou de journée)

Autres problèmes pouvant accompagner la dyslexie :
Le déficit d’attention (avec ou sans hyperactivité) est une condition distincte de la dyslexie, mais les dernières recherches démontrent que 40% des personnes dyslexiques seraient également affectées par ce déficit.
Un petit pourcentage (3% à 8%) des personnes dyslexiques ont également une sensibilité à la lumière.
Ces personnes éprouvent des difficultés à bien voir et à discriminer les caractères imprimés en noir sur du papier blanc.

Les atouts des dyslexiques

Malgré leurs configuration cérébrale différente et leur « circuit électrique » particulier, la majorité des personnes dyslexiques sont dotées de différents talents qui sont contrôlés par l’hémisphère droit du cerveau. Ce côté contrôle :
– les habiletés visuo-spatiales en 3 dimensions, ils sont très conscients de leur environnement,
– les habiletés mécaniques
– l’imagination, ils sont capables de vivre la pensée comme si c’était la réalité
– l’habileté athlétique
– le raisonnement global, ils pensent essentiellement en images plutôt qu’en mots
– la créativité, ils peuvent utiliser leur cerveau pour transformer ou créer des perceptions
– la curiosité et la ténacité
– l’intuition, ils pensent et perçoivent en utilisant tous leurs sens.

Ainsi, les métiers où l’on retrouve les dyslexiques sont : architecte, chercheur scientifique, designer (intérieure et extérieur), ingénieur, psychologue, informaticien, enseignant, électronicien, vendeur en marketing, mécanicien, cuisinier, dessinateur, menuisier, photographe, différents artistes, musicien, athlète…

Les idées reçues sur la dyslexie

Voici les principales idées reçues à propos de la dyslexie :
– la dyslexie n’existe pas
– la dyslexie est un terme qui englobe tous les problèmes d’apprentissage
– l’intelligence et l’habileté à lire sont reliées, donc si quelqu’un n’arrive pas à  lire, c’est qu’il ne doit pas être très intelligent
– la dyslexie est très rare
– les enfants doués ne peuvent avoir de problèmes d’apprentissage
– la dyslexie ne peut pas être diagnostiqée
– On ne peut diagnostiquer la dyslexie avant l’âge de 8 à 11 ans
– le fait de vieillir (maturité) réglera les problèmes de lecture et d’écriture de plusieurs des enfants qui éprouvent des difficultés de la maternelle au CE2. Ces enfants ont seulement un développement  plus lent que la norme.
-le redoublement aidera l’enfant à mieux réussir car il aura la chance ‘être plus mature et de développer davantage ses habiletés au niveau du français
– la dyslexie est un problème visuel (ils voient les mots à l’envers)
– la dyslexie affecte seulement les gens qui parlent anglais
– la dyslexie affecte 4 fois plus de garçons que de filles
– tous les enfants qui inversent les « p », « q », « b » et « d » sont dylexiques
– si un enfant n’écrit pas en « miroir », il n’est pas dyslexique
– la façon d’aider un enfant à mieux lire est de le forcer à lire au moins 30 minutes à tous les jours
– un enfant dyslexique ne lira jamais bien. IL  vaut mieux lui montrer autre chose pour l’aider à compenser.
– si un enfant n’arrive pas à lire avant l’âge de 12 ans, il est trop tard pour lui, car après 12 ans, il est impossible d’apprendre à lire et écrire.
– les enfant dyslexiques sont dépistés dans nos écoles et reçoivent l’aide appropriée
– la majorité des enseignants savent dépister les signes de la dyslexie.

Conclusion

Le problème de la dyslexie se retrouve essentiellement face à la lecture et l’écriture qui n’est pas une chose évidente pour des gens qui n’ont pas une pensée verbale mais imagée. La correspondance son-symbole est compliquée pour eux. Or, notre société occidentale a un système de transmission de l’information et e la connaissance par l’écrit, y compris à l’école où les évaluations se font essentiellement par écrit. Ainsi, les dyslexiques se heurtent à des difficultés considérables s’ils ne parviennent pas à dépasser le problème de la lecture/écriture. Par ailleurs, ils ont une pensée vive et créatrice qui leur permet de comprendre rapidement des concepts complexes et d’imaginer ou de créer des choses innovantes et originales… On peut alors parler du don de dyslexie.

« Au lieu de toujours se demander : Que faire pour qu’ils apprennent enfin à écrire avec une bonne orthographe ? Ne pourrait-on pas chercher si ce problème n’est pas, au fond, l’expression de facultés véritables qu’il faudrait explorer… » Rudolf Steiner

Comment aider une personne dyslexique ?

Ronald D. Davis propose dans son ouvrage « Le don de dyslexie » une méthode pour déceler la dyslexie grâce à une évaluation des capacités perceptibles, puis des moyens d’apprendre à maîtriser les distorsions de la perception. Cette méthode est décrite en détails dans son livre et peut-être appliquée facilement.
Ainsi, la personne dyslexique pourra interrompre volontairement et momentanément sa perception débordante pour l’orienter en un seul point. La maîtrise des signes de base de l’écriture se fait grâce à des lettres en pâte à modeler qui permettent de donner un volume aux lettres, ce qui est essentiel pour une personne dyslexique. Le même système est utilisé pour les chiffres.

Les orthophonistes sont formés et ont aussi des outils pour déceler la dyslexie et aider les écoliers à progresser en lecture/écriture.

Les personnes dyslexiques peuvent aussi réussir dans des postes à responsabilités, nous l’avons dit, plus haut, même s’ils n’écrivent pas ou ne lisent pas avec facilité. Ce sont souvent des gens qui ont réussi à s’entourer d’une technologie ou de systèmes divers qui leur évitent d’avoir à se confronter à ce problème : dictaphone, secrétaire, liaisons téléphoniques et visiophonie, etc. Ils peuvent alors donner toute la dimension à leurs créativité et leurs facultés sans être importunés par les problèmes de transcription.

Publié le dans PSYCHO.

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